« Maîtriser parfaitement la technique,
puis se livrer à la grâce de l’inspiration. »
— Henri Matisse
© Stedelijk, © Succession Henri Matisse/DACS 2013
© Stedelijk, © Succession Henri Matisse/DACS 2013

La reflexionTrias

La reflexionTrias (du grec trias, triade) est la méthode de conception qui guide notre approche de la lumière depuis plus de vingt ans. Elle structure ce qui demeure souvent diffus dans la conception lumière : la relation entre l’espace, les moyens d’expression et l’atmosphère. En trois étapes, nous élaborons une idée directrice de conception avec les maîtres d’ouvrage et les partenaires de planification. Cette idée nous accompagne tout au long du processus – des premières esquisses aux décisions de détail qui jalonnent le projet, jusqu’à la mise en lumière, souvent des années plus tard.

Nous présentons ici cette triade en toute transparence. Elle est immédiatement lisible et constitue un langage commun entre tous les acteurs du projet. La composition elle-même – le véritable projet conçu à l’aide de ces instruments – demeure toutefois une réponse singulière élaborée collectivement, pour chaque réalisation.

Première étape, le premier volet de la reflexionTrias

Avant même de définir les luminaires et leur implantation, nous analysons l’espace en suivant trois axes :

L’espace lumineux architectural – Comment la lumière dialogue-t-elle avec le contexte bâti, à l’intérieur, à l’extérieur et à l’échelle urbaine ? S’inscrit-elle dans son environnement, le sublime-t-elle, s’y intègre-t-elle ?

L’espace lumineux technique – Qu’imposent les normes et l’usage ? Niveaux d’éclairement, limitation de l’éblouissement, sécurité, efficience économique, maintenance.

L’espace lumineux subjectif – Comment l’espace est-il vécu ? Que recherche la personne qui y entre – calme, concentration, orientation, dynamisme ?

Le diagramme révèle où le projet place son centre de gravité. Un bâtiment fonctionnel penche presque entièrement vers l’axe technique. Un bâtiment administratif institutionnel affirme souvent sa présence par son expression architecturale. Une maison privée répond avant tout à des besoins subjectifs de bien-être, d’intimité et d’esthétique personnelle. Ce n’est qu’une fois ces priorités et leur articulation clarifiées que commence le véritable travail de conception.

Deuxième étape, le deuxième volet de la reflexionTrias

Dans chaque projet d’éclairage se pose la question de la combinaison des trois catégories génériques de lumière – nous parlons délibérément de catégories d’outils, et non de produits :

La lumière fonctionnelle – une lumière qui accomplit avec précision ce qu’exigent l’usage et les normes. Le luminaire est efficace et s’efface en arrière-plan. Un bon majordome.

La lumière ornementale – une lumière qui enrichit l’espace et le met en scène. Le luminaire lui-même devient un objet spatial et esthétique.

La lumière architecturale – une lumière intégrée aux éléments construits. Rétroéclairages, lignes lumineuses, solutions intégrées au mobilier et éclairage indirect dessinent les formes de l’espace et de ses composantes dans un geste ample et apaisé.

N’utiliser qu’un seul de ces registres simplifie la tâche. La conception lumière, telle que nous la comprenons, réside dans la maîtrise de la composition des trois. Elle exige une prise de distance par rapport au produit individuel – et une grande rigueur dans leur hiérarchisation.

Troisième étape, le troisième volet de la reflexionTrias

Avec les deux premières étapes, le projet est décrit de manière complète sur le plan rationnel. Ce qui manque encore, c’est l’atmosphère. Celle-ci naît de deux axes supplémentaires :

Théâtral ↔ Diffus – La lumière est-elle dure ou douce ? Quelle place accorder au contraste, quelle place à la délicatesse ?

Intégré ↔ Autonome – Quelle présence le luminaire possède-t-il dans l’architecture ? S’intègre-t-il à l’espace ou s’affirme-t-il comme objet à part entière ?

À l’intérieur de ce quadrant, nous définissons pour chaque espace une zone d’équilibre – et, pour chaque moyen mis en œuvre, la position juste en son sein. C’est ici que s’achève ce qui peut se transmettre comme méthode. Le quadrant des atmosphères exige la capacité d’imaginer une ambiance avant même qu’elle n’existe. C’est cet instant d’inspiration dont parle Matisse.

La reflexionTrias n’a rien de secret. Elle ne saurait d’ailleurs être protégée. Elle est ce qui fonde une école : un vocabulaire commun, un ordre partagé, une discipline acquise dans la manière d’aborder le projet. Posséder des pinceaux, de la couleur et une toile ne fait pas un peintre. Connaître cette triade ne fait pas un concepteur lumière. Mais toute conception lumière exige une méthode aboutie. La reflexionTrias est la nôtre.

Parlons-en le plus tôt possible.

La conception lumière commence bien plus tôt qu’on ne l’imagine – idéalement avant même la recherche des premiers luminaires. Vous développez un projet en phase initiale ? C’est le moment idéal pour échanger. Nous nous réjouissons d’ouvrir ce dialogue avec vous.